Les Fenris voient haut
Créés il y a seulement trois ans, les Fenris de Dijon entretiennent cette saison de sérieux espoirs de play-offs. Une performance qui leur ouvrirait les portes de la division 2.
A utrefois perdu dans l'anonymat du Dijon Université-Club, il aura fallu une volonté féroce à la petite dizaine d'irréductibles footballeurs pour décider de bâtir un club de football américain indépendant dans la capitale bourguignonne.
Pressée par le désir de se frotter aux joies de la compétition et contrainte de céder son terrain de jeu pour la construction du stade Colette-Besson, il ne restait guère de choix à cette troupe en armure pour continuer d'exercer sa passion. Les Fenris sortaient de terre, une terre qui allait bientôt être celle de leurs exploits. Car la suite est digne des romances sportives que certains réalisateurs ont tenu à nous faire découvrir au cinéma. Une équipe construite de rien et qui, à la force d'un collectif à toute épreuve, finit par gravir tous les échelons. Cette histoire pourrait être celle des Fenris, mais elle est encore en train de s'écrire. On n'atteint pas la postérité en une heure trente comme dans les films...
L'ambition pour cette saison est une accession aux play-offs de la division 3. Rien d'impossible quand on sait que cet objectif a été raté l'année dernière d'un yard, alors que les Fenris avaient battu, au moins une fois, chacun de leurs adversaires. L'erreur n'est guère permise dans une poule de cinq équipes où seulement huit matches sont disputés. Mais sur la pelouse du stade Bourillot, on y croit fermement.
A croiser les membres de cette équipe et à écouter la définition qu'ils font de leur sport, on comprend pourquoi l'aventure peut se poursuivre dans la cour des grands pour ce collectif.
Un jeu d'échecs avec des joueurs réels
En effet, sur le pré comme en dehors, une solidarité version tout terrain et une ambiance des grands soirs semblent régner au sein des Fenris. Olivier Champion et Geoffrey Holtzmann, tous deux capitaines d'attaque, définissent leur discipline comme un jeu d'échec avec des joueurs réels. « C'est un sport collectif où chacun, individuellement, doit faire son travail pour l'équipe. C'est un ensemble qui doit fonctionner à la perfection pour réussir », confient-ils.
Les Fenris, entraînés par Pierre Trochet et Sébastien Vadot, des coaches expérimentés et rompus aux subtilités de leur sport, sont sur le chemin d'une réussite qui ne devrait pas les fuir une saison de plus. Reste à poursuivre le développement du club. Avec la création d'une équipe juniors il y a 2 ans, les choses semblent bien parties. Christophe Jobert, capitaine défensif, aura le mot de la fin : « Le seul danger avec le football américain, c'est d'aimer ça... »
Charles BRINGAND




